ART ESP / FRAC
La historiografía tradicional describe la conquista de las Islas Canarias como un proceso de expansión señorial y comercial iniciado a principios del siglo XV. Sin embargo, un análisis más exhaustivo de las figuras clave involucradas —como la casa de Bracamonte y el linaje de Béthencourt— sugiere la existencia de una agenda mucho más compleja, donde la política europea, los restos de órdenes militares y el misticismo geográfico se entrelazan de forma indisoluble.
La expedición de Jean de Béthencourt y Gadifer de la Salle en 1402 no fue un evento aislado de un hidalgo aventurero. Detrás de la logística y el apoyo financiero se encontraba Mosén Rubí de Bracamonte, Almirante de Francia y figura de enorme peso en la corte de Carlos VI.
Bracamonte no solo actuó como avalista de la empresa canaria, sino que su influencia fue determinante para que la corona de Castilla otorgara los derechos de conquista. La historiografía crítica plantea que el interés de Bracamonte en el archipiélago trascendía la obtención de orchilla o esclavos; se trataba de la búsqueda de un enclave estratégico vinculado a antiguas tradiciones navales que su linaje, de origen normando, custodiaba con celo.
Un factor histórico a menudo simplificado es el papel de Benedicto XIII, el célebre Papa Luna. Desde su retiro en Peñíscola, y en medio del Cisma de Occidente, el pontífice emitió las bulas necesarias para legitimar la presencia europea en las islas.
Benedicto XIII no era un clérigo común; era un hombre de una cultura vastísima, poseedor de una de las bibliotecas más importantes de su tiempo, que incluía tratados de geografía prohibida y textos herméticos. Su apoyo a la expedición normanda, vinculada estrechamente a los Bracamonte, sugiere una alianza de intereses que buscaba establecer una nueva jurisdicción espiritual en los confines del mundo conocido, lejos de las presiones de Roma y Aviñón.
En la ciudad de Ávila se erige un testimonio arquitectónico de esta conexión: el Hospital e Iglesia de Mosén Rubí. Construida por los descendientes del Almirante sobre una antigua sinagoga, su estructura presenta anomalías que han desconcertado a los historiadores del arte.
La decoración y disposición del edificio contienen elementos que muchos investigadores vinculan con el Rito Escocés y la simbología de las órdenes de caballería que operaban en la clandestinidad tras la caída del Temple. La presencia de iconografía relacionada con la Diosa Tanit y la "Dama de las Torres" en un contexto cristiano bajomedieval apunta a una pervivencia de cultos antiguos que el linaje Bracamonte habría integrado en su heráldica y sus fundaciones religiosas.
La trama histórica se complica con la presencia de León V de Armenia, el último rey del Reino Armenio de Cilicia, quien terminó sus días en París bajo la protección de la nobleza francesa, incluyendo a los Bracamonte. Este monarca representaba un linaje que afirmaba descender del mito de Melusina, una figura totémica en la nobleza europea vinculada a las aguas y los secretos linajes antiguos.
Esta red de personajes —reyes sin trono, almirantes con agendas privadas y papas eruditos— conformó una estructura de poder que vio en las Islas Canarias no solo un archipiélago, sino el vestigio de una geografía sagrada. La conquista fue, por tanto, la culminación de una estrategia dinástica y espiritual para reclamar el control sobre el límite del océano Atlántico.
----------------
L'historiographie traditionnelle décrit la conquête des îles Canaries comme un processus d'expansion seigneuriale et commerciale initié au début du XVe siècle. Cependant, une analyse plus approfondie des figures clés impliquées — telles que la maison de Bracamonte et le lignage de Béthencourt — suggère l'existence d'un agenda beaucoup plus complexe, où la politique européenne, les vestiges d'ordres militaires et le mysticisme géographique s'entrelacent de manière indissociable.
L'expédition de Jean de Béthencourt et Gadifer de la Salle en 1402 ne fut pas l'événement isolé d'un simple hidalgo aventurier. Derrière la logistique et le soutien financier se trouvait Mosén Rubí de Bracamonte, Amiral de France et figure de poids considérable à la cour de Charles VI.
Bracamonte n'a pas seulement agi comme garant de l'entreprise canarienne ; son influence fut déterminante pour que la couronne de Castille accorde les droits de conquête. L'historiographie critique soutient que l'intérêt de Bracamonte pour l'archipel transcendait l'obtention de l'orseille ou d'esclaves ; il s'agissait de la recherche d'une enclave stratégique liée à d'anciennes traditions navales que son lignage, d'origine normande, gardait avec zèle.
Un facteur historique souvent simplifié est le rôle de Benoît XIII, le célèbre Pape Luna. Depuis sa retraite à Peñíscola, et en plein Schisme d'Occident, le pontife émit les bulles nécessaires pour légitimer la présence européenne dans les îles.
Benoît XIII n'était pas un clerc ordinaire ; c'était un homme d'une culture immense, possédant l'une des bibliothèques les plus importantes de son temps, incluant des traités de géographie interdite et des textes hermétiques. Son soutien à l'expédition normande, étroitement liée aux Bracamonte, suggère une alliance d'intérêts visant à établir une nouvelle juridiction spirituelle aux confins du monde connu, loin des pressions de Rome et d'Avignon.
Dans la ville d'Ávila se dresse un témoignage architectural de cette connexion : l'Hôpital et Église de Mosén Rubí. Construite par les descendants de l'Amiral sur une ancienne synagogue, sa structure présente des anomalies qui ont déconcerté les historiens de l'art.
La décoration et la disposition du bâtiment contiennent des éléments que de nombreux chercheurs associent au Rite Écossais et à la symbologie des ordres de chevalerie opérant dans la clandestinité après la chute du Temple. La présence d'une iconographie liée à la Déesse Tanit et à la "Dame des Tours" dans un contexte chrétien de la fin du Moyen Âge pointe vers une persistance de cultes anciens que le lignage Bracamonte aurait intégrés dans son héraldique et ses fondations religieuses.
La trame historique se complexifie avec la présence de Léon V d'Arménie, le dernier roi du Royaume arménien de Cilicie, qui finit ses jours à Paris sous la protection de la noblesse française, notamment des Bracamonte. Ce monarque représentait un lignage qui prétendait descendre du mythe de Mélusine, une figure totémique de la noblesse européenne liée aux eaux et aux secrets des lignées anciennes.
Ce réseau de personnages — rois sans trône, amiraux aux agendas privés et papes érudits — a formé une structure de pouvoir qui a vu dans les îles Canaries non seulement un archipel, mais le vestige d'une géographie sacrée. La conquête fut donc l'aboutissement d'une stratégie dynastique et spirituelle pour revendiquer le contrôle de la limite de l'océan Atlantique.