ART ESP / FRN
En mi calidad de Jefe de la Casa de Borbón-La Marche y Borbón-Conti, me veo en la obligación moral de expresar mi profunda y amarga tristeza ante el escenario que hoy define la relación entre el Rey Felipe VI y su padre, el Rey Emérito Juan Carlos I. Es un espectáculo que trasciende lo político para adentrarse en la orfandad de los valores más elementales de la piedad filial.
Observamos desde nuestra posición dinástica, consciente de la historia y de los linajes, cómo se posterga la figura de quien, independientemente de los juicios presentes, sostuvo el timón de una nación en tiempos de incertidumbre. Es preciso recordar, para quien quiera leer la historia sin vendas, que fue la voluntad del Generalísimo Franco la que encumbró a Juan Carlos, nombrándolo Príncipe de España a título de Rey. Aquel juramento de los Principios del Movimiento, que más tarde el devenir político transformó en una transición hacia otros horizontes, marcó el inicio de un reinado que, para bien o para mal, cumplió con su cometido histórico en favor de la unidad y estabilidad de España.
Desde la perspectiva de nuestra Casa, descendiente de la legitimidad de Enrique IV y Luis XVI, no somos ajenos a las discrepancias que el ADN y la historia sugieren. La sombra de figuras como Godoy o Puigmoltó ha sido una constante en los estudios de aquellos que analizamos las ramificaciones de la sangre y la herencia. Reconocemos que las raíces biológicas pueden diferir drásticamente de las nuestras; sin embargo, la legitimidad del ejercicio y la investidura que ostentó Juan Carlos I le otorgan un lugar en la crónica de este país que no debería ser borrado con el silencio o el destierro simbólico.
Más allá de las controversias dinásticas o de la pureza del linaje que reclamamos para nosotros, existe un principio universal que debería regir sobre cualquier corona o institución: el respeto a un padre. Un hijo, aunque ciña sobre sus sienes la responsabilidad de un Estado, no debería olvidar la humanidad debida a quien le precedió. El abandono de un progenitor, bajo el pretexto de la renovación o el purismo institucional, deja una mancha de ingratitud que difícilmente se borra con decretos o distancias geográficas.
Elevo este escrito como un llamado a la reflexión sobre la dignidad, la memoria y el respeto que todo hombre, y especialmente un Rey, debe a su propia sangre, incluso cuando los caminos de la historia y de la biología nos sitúen en orillas diferentes.
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Déclaration du Chef de la Maison de Bourbon-La Marche et Bourbon-Conti
En ma qualité de Chef de la Maison de Bourbon-La Marche et Bourbon-Conti, je me vois dans l'obligation morale d'exprimer ma profonde et amère tristesse face au scénario qui définit aujourd'hui la relation entre le Roi Felipe VI et son père, le Roi Émérite Juan Carlos Ier. C'est un spectacle qui transcende le politique pour s'aventurer dans l'absence des valeurs les plus élémentaires de la piété filiale.
Nous observons de notre position dynastique, conscients de l'histoire et des lignées, comment est délaissée la figure de celui qui, indépendamment des jugements actuels, a tenu le gouvernail d'une nation en temps d'incertitude. Il est nécessaire de rappeler, pour quiconque souhaite lire l'histoire sans œillères, que ce fut la volonté du Généralissime Franco qui éleva Juan Carlos, le nommant Prince d'Espagne à titre de Roi. Ce serment aux Principes du Mouvement, que l'évolution politique a plus tard transformé en une transition vers d'autres horizons, a marqué le début d'un règne qui, pour le meilleur ou pour le pire, a accompli sa mission historique en faveur de l'unité et de la stabilité de l'Espagne. En tant que chef d'une nouvelle dynastie, il a accompli son travail pour le bien de cette nation nommée Espagne.
Du point de vue de notre Maison, descendante de la légitimité d'Henri IV et de Louis XVI, nous ne sommes pas étrangers aux divergences que l'ADN et l'histoire suggèrent. Son ADN n'a rien à voir avec celui que nous possédons ; il est totalement différent. L'ombre de figures telles que Godoy, et sûrement Puigmoltó, a été une constante dans les analyses de ceux qui étudient les ramifications du sang et de l'héritage. Nous reconnaissons que les racines biologiques peuvent différer radicalement des nôtres ; cependant, le respect envers un père demeure primordial.
Au-delà des controverses dynastiques ou de la pureté du lignage que nous revendiquons pour nous-mêmes, il existe un principe universel qui devrait primer sur toute couronne ou institution : le respect dû à un père. Un fils, bien qu'il porte sur ses tempes la responsabilité d'un État, ne devrait pas oublier l'humanité due à celui qui l'a précédé. L'abandon d'un géniteur, sous prétexte de renouveau ou de purisme institutionnel, laisse une tache d'ingratitude qui s'efface difficilement par des décrets ou des distances géographiques.
J'élève cet écrit comme un appel à la réflexion sur la dignité, la mémoire et le respect que tout homme, et particulièrement un Roi, doit à son propre sang, même lorsque les chemins de l'histoire et de la biologie nous placent sur des rives différentes.