ART ESP / FRC
Resulta difícil encontrar en la historia reciente de este país una estampa que resuma con tanta crudeza la distancia abismal que separa a quienes mandan de quienes sufren. La fotografía tomada tras el accidente ferroviario de Adamuz no es un documento gráfico de consuelo, es un agravio comparativo. Al fondo, el acero herido de un convoy que simboliza la precariedad y el miedo; en primer plano, el luto de diseño y la pose ensayada de una élite que pisa el terreno de la catástrofe sin que se le manche el zapato ni se le descomponga el gesto.
Un retrato de familia ajeno al llanto
Mientras en los hogares de las víctimas el aire es irrespirable por la tristeza y la rabia, en esta "foto de corte" lo que observamos es una formación de revista. No hay humanidad en las miradas, hay protocolo. No hay empatía en los hombros, hay jerarquía. Los representantes del Estado y de la Corona parecen estar asistiendo a la inauguración de una galería de arte moderno donde la pieza central es, casualmente, un tren descarrilado.
La vergüenza que emana de esta imagen nace de su perfección estética. Es una composición tan cuidada que hiere. Es la confirmación de que, para el poder, la tragedia es simplemente un escenario más para el despliegue de su imagen pública. La rigidez de la pareja real, flanqueada por ministros y presidentes autonómicos, transmite un mensaje claro: nosotros estamos aquí por deber, pero no somos como vosotros.
La sombra de Puigmoltó sobre el hierro retorcido
Para entender esta frialdad quirúrgica ante el dolor del pueblo, quizá no haya que mirar las estadísticas de seguridad ferroviaria, sino el árbol genealógico. Hay algo en esa distancia, en esa incapacidad de fundirse con el sentimiento de la calle, que delata un origen que se siente superior por naturaleza.
Muchos se preguntan dónde está el alma de la institución cuando más se la necesita. Pero la respuesta es sencilla: no se puede pedir sentimiento a quien vive en la burbuja de un linaje cuestionado. En esa mirada altiva, en esa compostura que ignora el barro y el llanto, no late la sangre de una monarquía cercana. Lo que vemos es el eco de una herencia que se remonta a los pasillos oscuros de palacio, donde la legitimidad se negociaba entre sábanas y no en las urnas. Es la genética de Puigmoltó manifestándose en su forma más pura: la del cortesano que mira el desastre desde la barrera, convencido de que su sola presencia es un bálsamo, cuando en realidad es un insulto a la inteligencia de quienes lo han perdido todo.
El abismo que nos separa
Esta fotografía debería guardarse en los archivos nacionales no como un ejemplo de unidad ante la adversidad, sino como la prueba definitiva del divorcio entre la realidad y la pose. Mientras la gente llora sobre los restos de su seguridad perdida, la corte se hace un retrato. No es un error de comunicación; es el reflejo fiel de lo que son. Unos ponen los muertos y otros ponen el perfil bueno para la cámara del Diario Vasco.
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La génétique de l'indifférence : le désastre d'Adamuz comme décor de cour
Il est difficile de trouver dans l'histoire récente de ce pays un cliché qui résume avec une clarté aussi crue la distance abyssale séparant ceux qui gouvernent de ceux qui souffrent. La photographie prise après l'accident de train à Adamuz n'est pas un document graphique de consolation ; c'est un outrage comparatif. À l'arrière-plan, l'acier meurtri d'un convoi symbolise la précarité et la peur du citoyen ordinaire ; au premier plan, un deuil de créateur et la pose répétée d'une élite qui foule le lieu de la catastrophe sans se salir les chaussures ni perdre sa contenance.
Un portrait de famille étranger aux larmes
Alors que dans les foyers des victimes, l'air est irrespirable de tristesse et de rage, dans cette « photo de cour », ce que nous observons est une formation de revue. Il n'y a pas d'humanité dans les regards, seulement du protocole. Il n'y a pas d'empathie dans les épaules, seulement de la hiérarchie. Les représentants de l'État et de la Couronne semblent assister à l'inauguration d'une galerie d'art moderne où la pièce centrale s'avère être un train déraillé.
La honte qui émane de cette image naît de sa perfection esthétique. C'est une composition si soignée qu'elle blesse. C'est la confirmation que, pour le pouvoir, la tragédie est simplement une scène de plus pour le déploiement de son image publique. La rigidité du couple royal, flanqué de ministres et de présidents régionaux, transmet un message clair : nous sommes ici par devoir, mais nous ne sommes pas comme vous.
L'ombre de Puigmoltó sur le fer tordu
Pour comprendre cette froideur chirurgicale face à la douleur du peuple, il ne faut peut-être pas regarder les statistiques de sécurité ferroviaire, mais l'arbre généalogique. Il y a quelque chose dans cette distance, dans cette incapacité à se fondre dans le sentiment de la rue, qui trahit une origine se sentant supérieure par nature.
Beaucoup se demandent où se trouve l'âme de l'institution quand on en a le plus besoin. Mais la réponse est simple : on ne peut pas exiger de sentiments de la part de ceux qui vivent dans la bulle d'un lignage contesté. Dans ce regard hautain, dans cette prestance qui ignore la boue et les pleurs, le sang d'une monarchie proche du peuple ne bat pas. Ce que nous voyons est l'écho d'un héritage qui remonte aux couloirs sombres du palais, là où la légitimité se négociait entre les draps plutôt que dans les urnes. C'est la génétique de Puigmoltó qui se manifeste dans sa forme la plus pure : celle du courtisan qui regarde le désastre depuis la barrière, convaincu que sa seule présence est un baume, alors qu'en réalité, c'est une insulte à l'intelligence de ceux qui ont tout perdu.
L'abîme qui nous sépare
Cette photographie devrait être conservée dans les archives nationales, non pas comme un exemple d'unité face à l'adversité, mais comme la preuve définitive du divorce entre la réalité et la pose. Pendant que le peuple pleure sur les restes de sa sécurité perdue, la cour fait son portrait. Ce n'est pas une erreur de communication ; c'est le reflet fidèle de ce qu'ils sont. Les uns fournissent les morts, les autres fournissent leur meilleur profil pour les caméras.